Ranskan abitreenit: Notre cerveau et la durée de la vie

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En Ecosse, en 1932, plusieurs dizaines de milliers d'écoliers nés en 1921 donc alors âgés de onze ans avaient subi un test de QI (quotient d'intelligence). C'était pour l'époque une initiative d'avant-garde, mais les résultats de l'opération ont vite été oubliés, ainsi que les tas de papiers correspondants, abandonnés dans un grenier, où bingo! Ian Deary, psychologue de l'université d'Edimbourg, devait les retrouver près de soixante ans plus tard. À partir de 1992, ce spécialiste a réuni les survivants, dans les salles mêmes où ils avaient passé le test, et les a priés de recommencer.

1. Quel était le nombre d'enfants qui avaient passé le test de QI en 1932?
Il y en avait à peu près …
2. Que dit-on des résultats du test?
3. Qu'est-il arrivé, dans la vie de Ian Deary, soixante ans plus tard?

Qu'a-t-on constaté? Notamment deux choses: 1) Dans l'ensemble, ces septuagénaires réussissaient l'épreuve aussi bien, voire légèrement mieux que dans leur prime enfance; 2) Et surtout, il y avait en moyenne beaucoup plus de survivants parmi les détenteurs de forts QI. La corrélation était particulièrement marquée chez les femmes, ce qui, selon Ian Deary, s'expliquerait par le fait que la guerre aurait causé la disparition de nombreux hommes.

4. Qu'est-ce que Ian Deary a constaté, à propos des résultats?
5. Qu'a-t-on remarqué quand on a recommencé le test?

Cette étude écossaise a été présentée en octobre dernier à Paris, lors d'un séminaire «Cerveau et la durée de la vie» qui réunissait les meilleurs spécialistes internationaux. Ils viennent de dévoiler les principales conclusions. En gros: statistiquement, le moins intelligent ou le moins éduqué meurt plus tôt. Il est plus souvent victime d'une démence tardive type alzheimer, du cancer de l'estomac ou du poumon, voire du sida. En même temps, on observe avec étonnement que les personnes au QI élevé ont une plus forte onsommation moyenne d'alcool et de nicotine. Pourtant, eux, ils sont mieux placés en principe pour en évaluer les risques.

6. Qu'est-ce qui a surpris les spécialistes à Paris? Le nombre ...

Ce lien apparent entre l'intelligence et la longue durée de vie peut paraître légèrement faux: les individus à fort QI jouissent généralement d'un statut social plus important, qui leur permet de mieux se soigner, et d'échapper aux métiers pénibles, usants, dangereux à l'exception des métiers guerriers. De toute façon, cela ne fait que confirmer l'intérêt d'une éducation poussée.

7. Qu'est-ce qui est caractéristique des gens intelligents?

Le séminaire parisien a mis en évidence une autre relation fondamentale entre le cerveau et la longévité: celle de la taille du cerveau. Bien sûr, il ne s'agit pas de rechercher des différences entre les individus d'une même espèce, comme les humains. Il s'agit de constater que, parmi les espèces vivantes, celles qui vivent le plus longtemps sont celles qui possèdent les plus gros cerveaux. Ainsi, le cerveau humain est-il trois ou quatre fois plus volumineux que celui des grands singes supérieurs, lesquels vivent deux ou trois fois moins longtemps. Mais grâce à leurs cerveaux déjà relativement volumineux et complexes, les singes ont atteint un niveau d'intelligence qui leur a permis d'accéder plus facilement à des sources de nourriture variées, et à coopérer au sein de groupes familiaux dans lesquels les vieux éduquent les jeunes.

8. Que constate-t-on en comparant les humains avec les singes?

C'est que la construction d'un cerveau, sa «programmation» avec de multiples connaissances et expériences, repose sur un processus long et complexe. Il s'agit d'un investissement biologique très important, qui doit être durable. Chez les grands singes, on a besoin des aînés même quand ceux-ci ont passé l'âge de se reproduire, car leur cerveau est une mine d'informations très précieuse, ce qui est encore plus vrai chez les humains. Tout cela constitue une rupture radicale avec cette loi cruelle de la nature: seule compte la transmission des gènes, et quand on s'est reproduit, il ne reste plus qu'à mourir.

9. Quelle a été la «mission» principale du cerveau au cours de l'évolution?

Donc, en principe, les humains doivent avoir une vie très longue, pour que les descendants puissent profiter de toute l'information accumulée par les ancêtres lointains. Voici la bonne nouvelle du séminaire: nous sommes faits pour vivre le plus longtemps possible! Le nombre croissant de centenaires, au moins dans tous les pays développés, confirme ce point de vue. Rien n'interdit d'imaginer que nos très lointains descendants pourraient vivre facilement deux siècles...
En attendant, la grande inquiétude est celle des maladies du vieillissement, alzheimer en tête. Elles semblent se multiplier, au point qu'on les pense inévitables. Or, les travaux des neurogérontologues montrent que, depuis des millénaires, l'évolution génétique intervient pour retarder l'âge d'apparition de la démence sénile. Aujourd'hui, dans les laboratoires de recherches, on «donne un coup de main» à l'évolution; l'on commence à parler sérieusement d'un espoir de «vaccination» contre la maladie d'Alzheimer avec des résultats encourageants obtenus chez les souris. Des études prouvent que la démence sénile n'a rien d'inévitable, même à un âge très avancé.

Source: Fabien Gruhier, Le Nouvel Observateur, 2001

10. Quel est le message du séminaire par rapport à l'avenir?
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YLE Tulosta